Brésil : à la frontière du gras

Les Brésiliens sont connus pour leur beauté. Les bikinis et les tongs sont des vêtements standard sur les plages. Le pays est parmi les leaders dans l’utilisation de la chirurgie plastique et de la sculpture corporelle. La beauté est importante.

Mais maintenant, le Brésil devient un pays leader dans la reconnaissance des droits des personnes obèses.

“Gordofobia” est le terme portugais désignant la discrimination basée sur le poids. C’est un mot à la mode au Brésil. Le pays rejoint les États-Unis et l’Europe en présentant des femmes corsées dans les publicités et sur les podiums. Mais c’est aussi un chef de file en matière de politique publique. Le débat est passé des médias aux mairies, aux assemblées législatives des États et au Congrès brésilien.

Par exemple, les écoles achètent des pupitres plus grands. Les hôpitaux achètent des lits plus grands et des appareils d’IRM. Les salles de cinéma offrent des sièges plus larges.

Le mouvement a son siège à Recife, une ville de 1,4 million d’habitants. Recife est l’une des villes les plus grasses du Brésil.

Le taux d’obésité au Brésil a doublé au cours des 20 dernières années. Il a conduit à un mouvement visant à faciliter la vie des personnes en surpoids. Les changements ne concernent pas seulement les attitudes, mais aussi les lois.

Des mesures à travers le pays donnent désormais aux obèses le droit de s’asseoir dans le métro et de recevoir la priorité dans des endroits comme les banques. Dans certains cas, il existe même une protection juridique contre la discrimination.

Les plans de cours comprennent désormais un enseignement sur la discrimination fondée sur le poids. Une journée est consacrée à la promotion des droits des personnes en surpoids.

Un expert a déclaré que ce qui se passe au Brésil ne se passe pas ailleurs. Par exemple, un juge a infligé une amende de 1 000 $ à un comédien pour avoir fait des blagues sur le poids d’un danseur. Mais voter des lois et promouvoir des droits ne change pas tout.

En attendant, les Brésiliens grossissent. Ils se rapprochent maintenant des trois pays les plus gros que sont le Mexique, les États-Unis et la Russie. Un expert a dit que c’était parce que les salaires augmentaient au Mexique. Les gens peuvent manger plus de fast-foods et d’aliments transformés. Cela conduit à des problèmes de santé tels que le diabète et l’hypertension artérielle.

Le débat “gordofobia” n’est pas sur la santé mais sur l’image. Les Brésiliens pompent leurs lèvres, leurs seins, leurs fesses et aspirent leur graisse à un rythme bien plus élevé que la plupart des autres pays.

Le mouvement pour l’acceptation du poids a trois objectifs. Le premier est d’améliorer l’image de soi des personnes en surpoids. La seconde consiste à faire passer le Brésil de l’adoration de la silhouette à la reconnaissance des différences entre les types de corps. Et le troisième est de simplement agrandir les “chaises”.

Source : Le New York Times, 27 février 2022